Haut les mains : Discipline tailleur avec Pierre-François Valette (Valette Studio)

janvier 20, 2022
Crédit photo : Laurence Benaïm

Le toucher, la transparence, la légèreté d’une chemise, le tombé d’une veste… Une affaire de sensations, d’obsessions. « Modéliser la matière pour lui donner une attitude et raconter une histoire », assure Pierre François Valette, un touche à tout mélomane qui collectionne entre toutes ses passions, celle qui élève sa vie en une discipline quotidienne : la « main » tailleur, version « casual », ce subtil métissage du formel et du streetwear. Une question de préférences, d’affinités électives, une certaine manière de privilégier les laines techniques « qui ne froissent pas, ne grattent pas, ne piquent pas », de « donner au costume, le confort d’un survêtement ». « La main d’un tissu c’est fondamental, on touche, même en fermant les yeux. On fait 10 tests de thermocollants pour voir comment un tissu réagit » affirme ce fils d’une neuropsychiatre et d’un cardiologue et qui a longtemps fait du violon, de l’accordéon, chanté même, étudié la médecine, puis le droit, avant de mettre la main baguée de la chevalière de son grand père, sur une vocation, la sienne. Voilà deux ans qu’il a créé sa marque. Alger, Saint Lô,, Torre del Greco, Ischia, ses origines, de Maupassant à Camus,  continuent d’inspirer ses collections, ses dessins « à trait continu », une histoire de lignes. Celles que cette quatrième collection « Classix Nouveau », placée sous le soleil du rock brit et du pop art célèbre, entre imprimés de papier peint fleuri, motifs tartan et doublures en résille.  Son premier geste face à un vêtement ? « Je regarde toujours les intérieurs. Quand je vois un vêtement, je l’ouvre. Les miens on devrait les regarder à l’envers. Là, on a fait des doublures quiltées, j’ai fait développer des biais sur des viscoses, parce que je trouvais la main un peu sèche, pour apporter un côté un peu sport. La main est dans l’œil qui vise et supervise tout et plus encore : « Sur un pantalon, c’est la ceinture, sur un manteau, c’est le col, sur une veste, c’est l’épaule, tout part d’elle. Le devant, le derrière, la manche « La culture de la toile », il la tient de main ferme d’une école, précisément : l’atelier Saint Laurent. C’est là, où il dit avoir appris l’essence de ce qui tient une veste, étire un manteau, donne de l’aplomb au vêtement. D’une main de fer donc, mais tout en souplesse. 

Cette interview a été légèrement modifiée pour des raisons de longueur et de clarté.

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