Haut les Mains : Hubert Barrère (Lesage)

octobre 4, 2022

HAUT LA MAIN

Dans son bureau entièrement vitré du 19 M, le directeur artistique de Lesage aime parfois se croire à Amsterdam, avec en bas, les canaux. Son imagination est faite d’émerveillements, de couleurs, de tout ce qui depuis son enfance, contribue à faire de lui ce à quoi l’époque a renoncé : un homme de goût. Qu’il récite de tête une fable de La Fontaine ou s’enchante de la nuance « rose caché » d’un vernis à ongles Chanel, Hubert Barrère compte sur ses mains autant que sur ses yeux pour s’émouvoir. Lesage donc, 400 personnes, 5 départements, avec des clients qui vont de Louis Vuitton à Alaïa et Jacquemus, conquis par cette forme d’exception à la française, l’art de broder. « Mes mains sont des êtres à part entière », aime à dire Hubert Barrère, déclamant par cœur les vers du prologue de Jocelyn (Alphonse de Lamartine) .

« Il me semblait déjà dans mon oreille entendre 
 De sa touchante voix l’accent tremblant et tendre 
 Et sentir à défaut de mots chercher en vain 
 Tout son cœur me parlait d’un serment de main
 Car lorsque l’amitié n’a plus d’autre langage 
 La main aide le cœur et lui rend témoignage ».  

Si volubile, l’illusionniste qui fut d’abord brodeur et corsetier, avant d’entrer chez Lesage en 2011 puis de créer des pièces d’exception, des costumes pour la scène, reconnait lui-même : « J’ai dessiné avant de parler. Ou pour ne pas parler ».  Dès la petite enfance, les « grandes jardinière » disaient qu’il y avait deux choses pour le calmer, la musique classique, et le papier. Un papier sur lequel il dessine en liberté : « l’esprit guide la main, et tout à tout, elle s’échappe… C’est le moment où l’espace-temps n’existe plus ».  Le charme est là, à l’orée d’une saison haute en couleurs offertes à toutes les métamorphoses. Avec des mains dont ce Nantais aime évoquer toutes les possibilités. Enfant, il créait des villages en carton pour y vivre, reconstituait des châteaux avec des boîtes de médicaments. Un rêve devenu réalité pour celui qui « habile, mais pas bricoleur » vient d’acquérir un logis du 15è siècle dans la région d’Angoulême, dont il compte faire une Fondation pour la création, la musique et les Métiers d’Art. A bon enchanteur, salut. 

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