Haut Les Mains: Inès Sahraoui (Dior)

septembre 28, 2021

PREMIÈRE MAIN ATELIER FLOU, ATELIER DIOR PRÊT À PORTER

Crédits photos : Laurence Benaïm

Deux grands sourcils bruns au-dessus d’un masque de papier noir. Une fille du Sud aux mains d’argent, 25 ans dans ses Converse, la plus jeune de tout l’atelier PAP. Des mains toutes neuves dans lesquelles coule le sang du monde. Une famille originaire d’Oran, en Algérie, une enfance à Aix en Provence, un grand père et son frère tailleurs pour homme, et l’envie de choisir ce métier au moment justement où ces proches disparaissent. Cette assurance faite de patience, cette douceur qu’on ressent d’emblée au royaume des ourlets mouchoirs, des ciseaux cigogne et des roulettes craies.  Là, parmi les Stockman ennuagés de gaze immaculée, et le ronronnement des machines Durkopp Adler, les papiers de soie qu’on froisse, les mots qu’on chuchote, cette manière de rabattre une doublure du bout des doigts, de « poser un petit biais », d’éviter les piqûres plates, surtout quand il s’agit de mousseline, si « fuyante », « on chasse le tissu, on le laisse couler. Il ne faut pas le contrarier ».  Le crêpe de Chine est docile, mais le satin s’effiloche, et le tulle rétrécit au contact de la vapeur, quant au velours, il marque et lustre vite, et la mousseline « créponne » au contact du fer chaud.  Inès n’aime pas les trousses, tout se tient dans ses tiroirs, du coupe fil aux petites pinces rangées dans un bocal de friandises Fouquet, des « pieds » presseurs pour piquer à 3 millimètres du bord, aux crèmes pour les mains : « Une peau sèche peut érailler une gaze ». Ne parlons pas de l’ongle mal limé… D’ailleurs, la lime est utile pour les baleines, pour éviter que celles-ci ne s’accrochent aux tissus. Cosmétique du souffle cousu et de de ces dessus plus doux que des dessous, eux-mêmes doublés pour être soutenus, présence arachnéenne, d’un lurex rose ou d’une robe drapée impression léopard doublée de tulle vert. Une main de rêve, un rêve de main ? « Continuer à apprendre. Il y a un véritable échange entre toutes les générations. Je me sens bien ici parce que je sais que je préfère les choses délicates, les plissés. Il y a plus de poésie dans le Flou. Une robe peut raconter des histoires à elle toute seule ». @laurence-benaim

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