Haut les mains: Ludovic de Saint Sernin

octobre 3, 2021
Crédits photos : Laurence Benaïm

De sa mère dont il a gardé le patronyme, il parle comme d’une amie, « on a trente et un ans de différence ». Bruxelles, Londres, Paris, itinéraire sans accroc de l’apparition la plus érotique du Gala de l’Opéra 2021 ; au cinquième étage de cet immeuble de la rue Réaumur, la lumière est claire, les couleurs « peau douce » de la collection nommée « Désir » caressent l’œil.  Moins gender fluid, plus féminin, l’été 22 ou le royaume sans autre manifeste que celui d’une sensualité à découvert. Une nudité frôlée par le tissu dont Ludovic de Saint Sernin a fait en quelques saisons une signature, comme s’il déclinait dans la mode ce qu’Herbert List, Wolfgang Tillmans, avaient capté avec leur objectif. Intimité sans autre artifice que celui de l’œillet, de la paillette (une première), du lacet de cuir, de ce qui joue avec l’ombre et la lumière. La main pianote en continue sur l’écran blanc de l’IPhone aux 153 k followers, « ma communauté ».   D’autres nouent, dénouent, assemblent, démaillent, comme hologrammées dans l’espace. Binômes en noir, invisiblement présents. Chez Balmain, où il fut assistant studio, il a appris l’art du laçage, les rubans de cuir blond se tressent sans fin, épousant lascivement toutes les courbes. C’est dans le savoir-faire et l’artisanat qu’il retrouve, ses obsessions de toujours : « Enfant, je dessinais éperdument Ariel. »  Ces croquis, qu’il aimait réaliser de la manière la plus précise possible – « Mon côté vierge qui me force à être dans la perfection » – il n’a plus vraiment le temps de les dessiner. Tout se passe d’une manière de plus en plus tactile, intuitive. Il a commencé à « démailler » une robe en cristal Swarovski, et là, il a trouvé un sens « dans le défaut », ainsi se révèlent les chemins de traverse. Lâcher prise sans perdre le contrôle. Revenir à l’écume, toujours, à la sensation liquide d’une vague sur la peau, soie sauvage, jersey de soie ou modal couleur de dune, jean aux nuances de rochers, et intégralement effilé à la main. Désir, nom d’un chevalier du Moyen Âge, est devenu cette saison un boxeur qui se bat à mains nues, une muse au corps d’éphèbe. Ariel est là, toujours. Amazone océanique, la plus jeune des sept filles du Roi Triton se bat contre la sorcière des mers. « Le plus important » dit Ludovic de Saint Sernin, « c’est que la personne se sente embrassée par ce qu’elle porte. Un beau vêtement, c’est une étreinte ». Ready to kiss, to love, to hug. @laurence-benaim

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