Haut les mains : Pierre Maheo (Officine Générale)

janvier 21, 2022

L’oeil sur la main

En 2023, il fêtera les dix ans de sa marque, Officine Générale. L’entrepreneur qui ouvre cette année une boutique à Los Angeles, une autre à Aix en Provence, une deuxième à New York, aime répéter à l’envi : « Le luxe, c’est la main de l’homme, c’est l’empreinte du temps. Si la matière est belle, si un vêtement à une « belle » main, il dure ». Le toucher est au cœur de son histoire. Celle d’un petit fils de tailleur, qui avait deux dressings, « tout était classé par qualité et par couleurs, les lins, les popelines, les batistes de coton, et même les cravates non doublées pour l’été, et pour l’hiver, les flanelles moyennes, les velours, les whipcords, les cravates en laine pour l’hiver. J’ai gardé sa gamme de couleurs, de l’écru, du beige, du gris moyen, du bleu marine, du noir… Il avait des magasins de tissus, et je n’avais pas dix ans, quand il m’a appris ce qu’était un Joshua Ellis, un camel hair… » Pierre Mahéo, qui dirige une entreprise de 57 personnes, reconnait que pour comprendre un tissu, il faut « fermer les yeux, se déconnecter du côté visuel ». Il est même allé jusqu’à développer des qualités exclusives pour des sacs de poche… « Je sélectionne tous les tissus, je sais pourquoi je les choisis. Je trouve toujours une profondeur de poche à ajuster pour y glisser son IPhone… Il faut porter le produit pour comprendre ses défauts.  Je suis un consommateur avant tout. J’admire ceux qui font des pièces importables, mais un manteau d’hiver avec une manche énorme qui sera un gouffre à courant d’air, je ne comprends pas. Je suis mon premier client, tout ce qu’on développe, c’est vraiment avant tout pour le confort. Ce que j’aime absolument, c’est prendre des vêtements utilitaires et les renouveler à travers des matières qui les anoblissent, leur donnent une fonctionnalité nouvelle » La main le guide : « Je n’aime pas les détails inutiles. Une patte de serrage doit être accessible, un col doit pouvoir se relever à la juste hauteur, sans manger le menton ».  De là cette exigence particulière : « arriver à arbitrer entre tombé et douceur, pousser le curseur à l’extrême, pour garder à la fois la souplesse et la tenue. Si l’émerisage permet de donner un côté duveteux, il faut le maîtriser ». Pierre Mahéo promet pour l’été 2023, « des pantalons si légers qu’ils donnent le sentiment de ne porter presque rien, 160 grammes en poids linéaire, un poids de chemise ». Un ange passe.

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