Haut Les Mains: Victor Weinsanto (Weinsanto)

septembre 27, 2021
Crédits photos : Laurence Benaïm

« La main c’est communicatif, on peut s’enlacer, avec elle, on peut jouer, on peut travailler. Elle peut être aussi joyeuse que ronchon. Précise quand elle est motivée, triste et quand elle n’a pas envie. Elle a ses humeurs. » Chez Victor Weinsanto, elle est partout. Tatouée sur un bras, sculptée sur sa bague de pacs, vivante, carambolant parmi les plis d’un éventail géant, d’une robe en soie imprimé « kelsch », un motif de son Alsace natale. Mais le rouge est devenu rose, le bleu vif un noir bien dense, et pour ne pas tomber dans le « tradi » on a « fondu les carreaux ». Dehors Belleville, le marché, le bourdonnement de la rue. A l’écart du bruit et de la foule, la main est là, qui plisse pour réaliser un « tombé naturel », élève le volume en spectaculaire apparition, ici une araignée diva de crin tubulaire, là un éventail dont les baleines sont des tiges en carbone habituellement réservées aux cerf volants. On est à la fois dans les coulisses d’un spectacle, et dans un atelier, la main théâtre et la main Flou s’en donnent à cœur joie. Le créateur, ex-danseur, se souvient à quel point une chorégraphie exige de travailler ses doigts, ses « appuis », combien « l’extrémité exprime la finesse, l’harmonie, le dernier mouvement ». La main, dit-il encore « c’est notre crayon. Elle dirige, converse avec les tissus. Elle cache, révèle, élargit, coupe, resserre. C’est un instrument de musique. À travers elle, le son sort. » Chez Jean Paul Gaultier, pour le spectacle des Folies Bergères, il se souvient avoir eu des « trous » dans les doigts, à force d’avoir « tiré l’aiguille sur du cuir ». Mais c’est en regardant Mireille, Fanny, Jacqueline, les premières d’atelier, que Victor Weinsanto dit avoir appris son métier. Le point main, comme la colle anti-effilochage sur un bord franc, les « trucs » autant que les « secrets » l’ont aidé à faire sa propre main, celle qui voit double : « Pour le spectacle, il faut aller droit au but. En haute couture, c’est 150 étapes pour trouver une solution. Et arriver à un résultat qui reste propre. » On ferme la fenêtre, comme si les robes pouvaient s’envoler. @laurence-benaim

Crédits photos : Laurence Benaïm

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