Les sept jeunes créateurs qui ont marqué la Fashion Week de Paris

juin 26, 2021

Crédits photos : Casablanca / Uniforme / Wales Bonner / EGONlab / Hed Mayner / Louis-Gabriel Nouchi / Phipps

Date de publication sur la plateforme : 28/06

Derrière les grands noms, plusieurs marques ont fait parler d’elles durant cette semaine de la mode masculine.

© Casablanca / Uniforme / Wales Bonner

En ce dernier jour de la Fashion Week de Paris, qui se termine ce dimanche, retour sur sept jeunes créateurs qui ont présenté leurs collections et fait parler d’eux cette semaine.

Casablanca

Charaf Tajer est indéniablement l’un des hommes du moment. Ses chemises en soie imprimée s’arrachent, dans les grands magasins parisiens comme dans les concept-stores les plus exigeants. « C’est un designer avec une communauté très forte, fidèle, prête à débourser beaucoup d’argent », glisse un expert du secteur à son sujet. Cette saison, le créateur s’inspire du Japon. « Ce pays me manque énormément. J’avais l’habitude de m’y rendre très souvent avant la pandémie, glisse-t-il quelques jours avant la diffusion, ce samedi, de sa vidéo de présentation. Mais j’ai trop de respect pour la richesse de sa culture pour tomber dans le cliché. Je pourrais faire 10 ou 15 collections sur ce pays tellement il y a de choses à dire !»

© Casablanca

Casablanca s’inspire du Japon et du mouvement MEMPHIS

Son Japon n’est donc pas celui de l’esthétique kawaï, mais celui des salary men, du tennis de table, et des collectionneurs obsessionnels des marques de luxe françaises comme Hermès et Cartier. La mode chargée d’imprimés colorés de Tajer s’approprie notamment les dessins du Mont Fuji. Mais on pense également au mouvement Memphis, ce groupe de designers partis de Milan qui, en réaction à l’austérité du Bauhaus, ont multiplié les couleurs et les motifs. Une influence visible sur de très beaux blazers à cols aux découpes arrondies. Chez la femme, outre les robes en soie de jet-setteuse, on note une séduisante version de l’esthétique sportswear des années 1970, visible sur des robes courtes et des vestes de jogging portables sur le court.

EGONlab

© EGONLAB

Chez EGONlab, de multiples références médiévales

Florentin Glemarec et Kevin Nompeix, fondateurs d’EGONlab, ont emprunté leur nom au peintre Egon Schiele, dont la « vision iconoclaste inspire l’ADN de la marque.» Cette saison, leur collection pioche dans une histoire plus ancienne, multipliant les références au Moyen-Âge. Citant comme référence la figure de Godiva, dont la légendaire chevauchée nue dans les rues de Coventry a inspiré le peintre Jules Lefebvre, mais aussi le Velvet Underground et Queen, ils parent leurs mannequins de spectaculaires longs manteaux en jacquard de tapisseries médiévales, portant des sacs en toile de jute où l’on peut glisser une épée. Des costumes matelassés rappellent une armure, des cols font penser à des plastrons. Pensée pour être portée par des femmes comme des hommes, la mode d’EGONlab est créative, et fait parfois sourire, comme sur ce top en mesh sur lequel le duo a imprimé, en lettres gothiques, les paroles de « Désenchantée » de Mylène Farmer, tube vieux de 30 ans qui connaît une seconde jeunesse. Ces deux-là savent sentir l’air du temps.

Wales Bonner

« Je suis inscrite dans le calendrier de la Fashion Week parisienne depuis plusieurs saisons maintenant, et je voulais marquer le coup en la mettant en scène en France », explique Grace Wales Bonner au sujet de sa collection du printemps-été 2022, présentée dans une vidéo poétique, tournée à Marseille. Son vestiaire est inspiré des travaux du photographe burkinabé des années 1970, Sanlé Sory. «Je me suis inspirée de ses portraits, mais aussi de son travail, très documentaire, de la vie nocturne de l’époque, rythmée par le jazz.»

On sait Grace Wales Bonner très talentueuse pour créer des vêtements impossibles à dater, à la fois parfaits pour aujourd’hui et semblant sortis d’un temps passé à l’élégance incomparable. Cette saison, ce sont de superbes costumes amples en lin, du denim aux accents utilitaires, auxquels s’ajoutent des détails brodés. De très réussies chemises en soie s’inspirent des vêtements portés sur les photos de Sory. Enfin, la créatrice poursuit également sa collaboration à succès avec Adidas, revisitant notamment la légendaire Samba et la Country OG, que les fans s’arracheront bientôt.

Uniforme

© UNIFORME

Une longue parka multipoches avec un pantalon ample en lin, chez Uniforme

Nommés au Prix Pierre Bergé de l’Andam, Hugues Fauchard et Rémi Bats d’Uniforme rebondissent, cette saison, sur l’actualité. En avril dernier, Léonore Moncond’huy, maire de Poitiers, déclarait devant le conseil municipal : « l’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfants aujourd’hui.» Une phrase qui fit polémique sur la scène politique et à laquelle les deux jeunes créateurs répondent, proposant un vestiaire détournant les codes de l’aviation dans un vestiaire très réussi (et gardant les pieds sur terre). Superbes blousons à col pilote, combinaisons, vestes sans manches inspirées par les parachutes, parkas longues pleines de poches… C’est ingénieux, bien pensé, et, avec des matières lavées au toucher incroyablement doux (dont une grande partie de lin français), sans doute très agréable à porter au quotidien. «Nous avons bâti Uniforme autour d’un rêve, et le message cette saison est que l’on peut continuer à rêver, de mode ou d’aviation, ou d’autre chose », expliquent les deux jeunes hommes. Saison après saison, leur proposition gagne en cohérence.

Hed Mayner

© Hed Mayner

Un grand blazer en lin, chez Hed Mayner

Décidément, le lin français a de beaux jours devant lui. Hed Mayner, le créateur israélien lauréat du prix Karl Lagerfeld du LVMH Prize en 2019, fait la part belle à cette matière dans son printemps-été prochain. La silhouette est ample. Les tissus (drill de coton, coton japonais, et donc, ce superbe lin à la tenue incomparable), eux, sont lavés, pour plus de confort. Le tout dans des teintes oscillant entre le beige, le blanc cassé, le marron et le gris. On remarque les gilets de pêche comme agrandis, les robes peignoir aussi à l’aise à la maison qu’en extérieur, les parkas aux capuches immenses protégeant du soleil, les blazers croisés en lin avachis mais remarquablement élégants, façon Armani du début des années 1990. Et surtout, faisant l’effet d’une bombe dans cette palette très discrète, une combinaison façon aviateur, dans un bleu primaire.

Louis Gabriel Nouchi

© Louis Gabriel Nouchi

Chez Louis Gabriel Nouchi, une silhouette sensuelle

© Louis Gabriel Nouchi

Il fut l’un des rares à oser le défilé physique, ce jeudi, sur l’esplanade du Palais de Tokyo. Au programme? Une collection mixte, portée par des mannequins comme marchant sur l’eau. Très tourné vers le homewear, ce vestiaire s’avère tantôt sensuel (à l’instar, à la femme, d’une robe de maille fendue laissant peu de places à l’imagination, ou des peignoirs portés sur débardeur échancré à l’homme), tantôt ingénieux, comme sur ces très réussis costumes sans col, portés avec pantalon ample, ou sur les ensembles en patchwork de denim de différents délavages. Le créateur se distingue aussi par une capacité à transcender ce qui semble anodin, comme un simple tee-shirt blanc dont il ouvre le col, révélant la peau. Une collection qui confirme la position de Louis Gabriel Nouchi dans le paysage de la mode parisienne : un talent à suivre pour les prochaines saisons.

Phipps

© Phipps

Une esthétique randonneur punk chez Phipps

Spencer Phipps crée, saison après saison, une mode fonctionnelle, aux accents outdoor résolument dans l’air du temps, à laquelle il insuffle une énergie punk. Son printemps-été prochain ne fait pas exception à la règle. Entre uniforme du raver montagnard (les tee-shirts à smiley, les sous-pulls néon, les vestes en denim à patches) et esthétique survivaliste (sacs à dos de randonneur, combat boots, camouflage, ou encore une improbable combinaison de poils rappelant, au choix, Chewbacca ou un homme tapi sous les végétaux), le créateur pousse sa proposition d’upcycling, transformant un maillot de Manchester United de la fin des années 1990 en y ajoutant des strass, ou détournant un survêtement Lonsdale. Le tout avec un grain de folie rafraîchissant.

La Fédération remercie Matthieu Morge Zucconi) et vous invite à découvrir l’ensemble des contenus Mode du Figaro via ce lien.

À lire aussi

Ce Site utilise des cookies techniques destinés à assurer le bon fonctionnement du Site, des cookies de mesure d’audience destinés à produire des statistiques de visite et d’utilisation du Site ainsi que des cookies tiers destinés à permettre l’emploi de fonctionnalités relatives aux réseaux sociaux. Pour en savoir plus, personnaliser vos cookies ou les refuser, cliquez sur le bouton « Mentions légales » ci-dessous.
Mentions légales