Sept Façons d’être T.VDB

janvier 19, 2021

Radical et engagé, Tom Van Der Borght mélange différents champs de la création pour développer un vocabulaire de mode singulier. Le créateur belge, lauréat du Grand jury du 35e Festival de Hyères présidé par Jonathan Anderson cette année, revient sur son processus créatif.  

La devise de Marie-Laure de Noailles était que la vie doit être pleine “de grâce, de mérite et de liberté.” Partagez-vous cette philosophie ? 

Etre à la Villa Noailles, en octobre dernier, est pour moi un rêve devenu réalité. La Villa et ses environs sont encore traversés par l’esprit de liberté que Marie-Laure de Noailles a insufflé dans ce lieu magique. Cela était peut-être encore plus présent en cette année anniversaire. L’énergie dégagée par ce lieu résonne de façon particulièrement forte sur mon point de vue personnel sur la vie. J’ai toujours trouvé que le pouvoir de la vie se manifestait au plus haut lorsque je fais ou crée une œuvre, et sur un second plan, au moment où l’œuvre est partagée avec le monde. Je crois que c’est là que réside le cœur de l’esprit follement moderne de Marie-Laure: je crois sincèrement que la mode et l’art doivent toujours être étroitement liés à la vie dans son plus large. En ce sens, je crois que je suis toujours en quête de liberté et de libération à travers un processus de travail manuel intense, dans une sorte de voyage intérieur à la recherche de normes alternatives de beauté, de grâce et de sensibilité. 

En tant que créateur, vous explorez plusieurs champs créatifs du graphisme à la vidéo en passant par des installations. Quel rôle spécifique a la mode dans votre travail ? 

Je pense que la mode est au cœur de tout ce que je fais. J’ai été diplômé en mode en 2021 et ce que j’ai toujours apprécié, c’est le fait que cela mélange plusieurs formes de création et de modes d’expression. J’ai toujours considéré le corps humain comme la base d’une prise de parole et d’une expression personnelle, que cela soit du point de vue de la mode que de celui de la performance.   

Pour moi, la mode incarne plusieurs pratiques, une couche multidimensionnelle entre l’individu et l’espace qui l’entoure avec la possibilité de s’adresser dans les deux directions.  

Je veux créer des pièces qui suscitent un dialogue avec le client en premier lieu. C’est la raison pour laquelle j’aime l’idée de créer des pièces précieuses et intemporelles à valoriser. Des pièces qui vous interpellent à chaque fois que vous les porter. Par ailleurs, je crois que mon travail a la capacité d’interagir de façon particulière avec une société, à travers les personnes qui le portent, et de communiquer des messages d’une beauté et d’une conscience sociale en dehors des normes. 

Votre collection s’appelle  “sept façons d’être T.VDB”. Quelles sont ces sept façons ? 

Cette collection s’inscrit dans un travail plus large que j’ai développé sur un an et demi, mélangeant de la recherche artistique, de la performance, de la vidéo, de l’art visuel et de la mode.  

J’ai créé un kit de survie pour moi à partir de mes expériences et des phases de ma vie. Cela forme un ensemble visual de 7 x 7 images, tenant de visualiser la complexité à être soi-même. La première façon d’être T.VDB est de s’imaginer comme un poney. La deuxième est d’être une reine de la mode. Le troisième voie T.VDB est de trouver sa tribu. La quatrième est de s’oublier. La cinquième est de survivre à un psychopathe. La sixième est de créer un cocon apaisant. Et la dernière est de s’échapper. L’idée du 7 vient des différentes notions spirituelles autour de ce nombre ainsi que de sa capacité à visualiser le concept complexe d’intersectionnalité. 

Quel a été le conseil le plus juste qui vous a été prodigé pendant le festival? 

Pendant le festival, j’ai eu la chance de croiser de nombreuses personnes exceptionnelles et influentes. J’ai reçu de nombreuses réactions positives et des compliments sur mon travail. Si je dois choisir un conseil qui m’a marqué, je crois que ce sont les mots de Jonathan Anderson (président du jury), qui a décrit mon travail comme intransigeant. Je trouve que cela correspond tout à fait à ce que je fais et présente. Je veux toujours aller de l’avant et imaginer un futur possible. Je suis obsessé par la beauté de la mode, par son côté tactile et par sa capacité à faire rêver les gens. Je me suis principalement réconforté de ses paroles, que j’ai choisi la bonne direction pour moi. 

Credit photo : courtesy Tom Van Der Borght.  

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